HISTOIRE 2018-07-19T14:35:03+00:00

NOTRE HISTOIRE

Originaire du village de Saint-Laurent les Bâtons en Dordogne, la famille Deldevert donne naissance à Jacques le 10 avril 1926, à Fontenay le Fleury près de Versailles.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Jacques Deldevert est reçu à l’école du bâtiment de Bagnolet, ce qui lui permet par la suite d’accepter un poste en Guadeloupe. La mission étant de courte durée, l’homme devra également s’occuper de voierie et vendra même du charbon de bois, pour survivre.

Heureusement, il fera la rencontre de M. Petrelluzzi, qui lui proposera de faire quelques travaux pour lui. Jacques Deldevert construit donc les premiers bâtiments modernes de la rue Frébault à Pointe-à-Pître et décidera par la suite, sous les recommandations de son mentor bienfaiteur, d’y implanter sa société de construction.

ABSENCE DE ROUTE

Travailleur et grandement déterminé, Jacques Deldevert débarque avec quatre de ses ouvriers à Philipsburg en 1949, où il constate que la majorité des constructions sont en bois, sans compter l’absence de route. Bien évidemment, il n’y a pas encore d’entreprise de construction. C’est alors que Elie Fleming, maire de Saint Martin, passe commande des deux premiers chantiers publics auprès de Jacques Deldevert. À peine âgé de 23 ans, l’homme d’affaires se retrouve à la tête du projet de construction du presbytère de l’église catholique et du brise-lames, situé sur la plage du front de mer de Marigot.

Il réalisera plusieurs chantiers publics sous le mandat d’Elie Fleming, puis sous celui d’Hubert Petit, en plus de recevoir des commandes du gouvernement de la partie Hollandaise, des îles de Saba, Saint-Eustache et Saint-Barth. C’est à Jacques Deldevert et son équipe que l’on doit la station météo de Saint-Barthélemy (1952), alors que son entreprise sert également de centre de formation.

Plusieurs employés de Jacques Deldevert suivront même son exemple et fonderont leur propre entreprise de bâtiment (Popo Questel, Emilio de Polo, José Brooks, etc). Mais depuis la fin de la guerre, les temps sont durs car il n’y a pas encore d’économie en place. Les matériaux nécessaires à la construction sont importés de partout. Une poignée d’entreprises peuvent alimenter Monsieur Deldevert et toutes les constructions en béton sont faites à main d’hommes. Il n’est pas rare que le chantier se termine à la nuit, sous les feux des véhicules.

CONSTRUCTIONS ENCORE VISIBLES

De nos jours, plusieurs constructions de Jacques Deldevert sont encore visibles. Des écoles, des édifices à logements, l’hôpital de Saba, de même que l’église catholique de Quartier d’Orléans et le calvaire situé au pied du Fort Louis, pour n’en citer que quelques-uns. Mais l’homme d’affaires ne se contente pas de construire des bâtiments, il participe à de grands travaux qui contribueront à rompre l’isolement de Saint-Martin, comme la modernisation des axes de communication, en bétonnant la route de Cole Bay à Philipsburgh, ainsi que celle reliant Marigot à Grand Case.

À partir de 1957, l’arrivée des premiers touristes Américains redonne un souffle nouveau à l’économie de Saint-Martin. Jacques Deldevert reçoit même plusieurs commandes du ‘’Club des milliardaires de Miami’’, pour des villas privées dans les Terres-basses. En 1964 il construit, avec l’aide de nouveaux arrivants, l’hôtel Le pirate sur la plage de Marigot, de même que le bâtiment (abritant l’édifice) de la sous-préfecture. C’est également à Monsieur Deldevert que l’on doit un abri destiné aux premières liaisons téléphoniques, à partir de Saint-Martin. Entre 1961 et 1964, il installera également les premiers poteaux électriques et téléphoniques.

SPECTACULAIRE PISTE D’ATTERRISSAGE

Claude Watney, représentant des îles Hollandaise du Nord, lui passera également plusieurs commandes publiques. Au milieu des années 1960, Jacques Deldevert et ses hommes construiront la base de pêche des Japonais à Pointe Blanche, de même que le décor en pierres de l’ancien aéroport Princess Juliana. De toutes ses réalisations, plusieurs parlent encore de la spectaculaire piste d’atterrissage de Saba, construite pour le compte de son ami Rémy de Heanen, l’un des pionniers de l’aviation Antillaise. L’ingéniosité des deux hommes pour parvenir la leurs fins s’inscrira dans les annales de cette magnifique région.

Personnage emblématique des Antilles Françaises, Jacques Deldevert sera même nommé juge suppléant, lors du départ du juge de paix Pierre Estoup. Si en 1965 Monsieur Deldevert retourne en France pour des raisons familiales, il reviendra s’installer à Saint-Martin avec sa femme et ses enfants, en 1980. Le visionnaire et prolifique homme d’affaires s’éteindra le 20 février 1993, non sans laisser toute une communauté en deuil et un incroyable héritage que le Groupe Deldevert porte aujourd’hui fièrement à bout de bras.